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Mériline

Mériline
L'enlèvement de Mériline


Chapitre 1 : embuscade

Mériline avançait à grande
allure en direction du Palais Perdu. Les gardes impériaux approchaient. Elle chevauchait le plus rapidement possible à travers le pays. Elle parcourait la forêt de Weird quand elle fut surprise par des gardes. Ils l'avaient attendu et lui avaient tendu cette embuscade. Ils savaient qu'elle devait passer par là et elle, elle avait été assez sotte pour ne pas prendre garde à changer d'itinéraire. Lorsque les soldats sortirent brusquement des buissons derrière lesquelles ils s'étaient cachés, le cheval de l'elfe paniqua, elle perdit l'équilibre et tomba de selle. Grâce à la vivacité commune à son peuple, elle se remit rapidement sur pied en prenant le poignard dissimulée dans sa botte et fit face à ses adversaires. Mériline ne paraissait peut être pas bien dangereuse avec sa petite lame, mais son statut d'elfe était un détail non négligeable et faisait d'elle une combattante redoutable et efficace. Les soldats le savaient. Mais malgré cela, l'elfe avait quelques craintes d'être vaincu car elle se retrouvait à dix contre un avec un poignard de dix centimètres dans la main. Tandis que, ses adversaires avaient de longues épées acérées et meurtrières. Comme leurs porteurs. Ou plutôt porteuses. La jeune femme venait de s'apercevoir que ses ennemies étaient des femmes. Elle ne fut pas déstabilisée pour autant. Mériline examina rapidement la situation et attaqua de façon à prendre l'avantage. Les guerrières avaient beau être entraînées pour ce genre de situations, elles furent tout de même surprises. Mériline avait déjà désarmé l'une d'entres elles et blessé grièvement une seconde. L'elfe bougeait rapidement. Elle avait des mouvements étudiés et variés qu'elle enchaînait avec grâce et vivacité. La jeune femme réussit à désarmer trois autres femmes quand soudain, sous l'entrechoquement de son poignard et d'une épée, sa lame se brisa et elle se retrouva à son tour sans arme. Et au comble de son malheur, le corps à corps n'était pas sa spécialité. Ses ennemies l'encerclèrent. Elle essayait de paraître sûre d'elle mais intérieurement elle paniquait. Il fallait qu'elle s'échappe à tous prix ! Elle tenta de gagner du temps afin de trouver un moyen d'y parvenir, un plan.
« Qui est le chef parmi vous ? demanda t'elle.

- C'est moi, lui répondit une femme élancé à la dém
arche gracieuse mais qui pourtant, avait un air redoutable. Quant à sa voix, elle était glaciale et aussi tranchante que le fil de son épée.
- Pourquoi m'av
oir tendu cette embuscade ? Qu'attendez vous de moi ?
- Je veux des informations sur les rebelles. En pa
rticulier sur la localisation de votre repaire, le Palais Perdu.
- Dans ce cas, vous perdez votre temps »
Répliqua Mériline. Elle n'eut que le temps de terminer sa phrase qu'elle sentit un choc. Une des guerrières s'était approchée silencieusement de l'elfe et lui avait frappé la tête avec le pommeau de son épée.
Une douleur fulgurante assaillit Mériline. Elle t
omba à genoux avec un cri de souffrance. Elle porta la main à sa tête et la sentie pleine de sang. Des larmes brouillaient ses yeux sans qu'elle puisse les refouler. Elle ne ressentait que douleur dans chaque parcelle de son corps. Elle tenta de se relever tant bien que mal mais ses jambes la supportaient avec difficultés et tremblaient sous son poids. Elle releva la tête et vit que la femme avec laquelle elle avait parlée se tenait à quelques centimètres à peine d'elle. L'elfe tenta de la frapper mais elle était si faible que la guerrière réussit à éviter son bien piètre assaut en s'écartant sur le côté. Mériline profita de cette brèche pour essayer de fuir. Elle dépassa le mur de soldat qui se tenait devant elle. L'elfe ne sut jamais où elle avait trouvé la force de courir si vite. Elle s'enfonça dans la forêt. Elle entendit quelqu'un hurler derrière elle et des bruits de pas précipités. On lui courrait probablement après, on voulait la rattraper. Elle n'en savait rien. Mériline n'arrivait plus à réfléchir. Sa blessure la faisait souffrir. Ses jambes ne la portaient plus qu'à grand mal, elle ralentissait mais elle était concentrée sur une seule et unique pensée qui l'aidait à refluer quelque peu la douleur. Fuir, fuir le plus loin possible. Elle continua à courir ainsi quand son pied se prit soudain dans une racine qu'elle n'eut pas le temps d'éviter. Elle tomba.
Tomba mais ne se re
leva pas. Elle avait finit par sombrer dans une semi-inconscience. Elle luttait pour se réveiller mais elle était bien trop faible. Elle devait partir à tout prix, se relever. Mais la douleur avait finit par l'emporter. Elle resta ainsi quelques minutes, puis, elle sentit qu'on la soulevait, qu'on la portait vers l'endroit d'où elle venait. On la ligota et on la mit sur un cheval et elle se réveilla dans une cellule sombre et humide. Elle était seul, faible et désarmée...





Prisonnière

Quand Mériline se réveil
la, elle ne comprit pas immédiatement où elle se trouvait ni ce qui lui était arrivée. Elle était étendue sur un sol froide et humide dans une cellule minuscule. Elle essaya de se lever mais sa tête la fit tant souffrir qu'elle retomba. Le combat lui revint alors en mémoire. Elle réalisa ainsi qu'elle était prisonnière ici et qu'on allait probablement la convoquer pour lui faire subir un interrogatoire. Elle resta allongée au sol un moment, le temps que la douleur diminue. Quand elle sentie qu'elle pouvait s'asseoir, elle s'adossa à la pierre froide des murs. Elle prit le pichet d'eau à côté d'elle et but à longue gorgées. Malgré le goût horrible de cette boisson - si on pouvait appeler cette eau 'boisson' - Elle se sentie tout de suite beaucoup mieux. Et après un quart d'heure, elle réussit même à se relever et marcher. Elle ignorait depuis combien de temps elle était ici. Un jour ? peut-être deux ou plus... Sa tête lui faisait encore mal mais elle pouvait supporter la douleur. Elle s'approcha de la porte pour regarder le couloir de la prison. Il y avait deux gardes devant sa porte. Ils devaient mesurer près de deux mètres et pesaient près de cents kilos. Des combattants redoutables. Il étaient armés de longues épées capables de transpercer la plus épaisse des armures et de poignards semblables à celui de Mériline. Avec deux hommes comme cela postés devant une cellule, les risques d'évasions étaient réduit à moins de un pour cent. Après les avoir détaillé, elle leur demanda : « Qu'est ce que je fais dans cette prison ? » Elle n'eut aucune réponse. Elle pensa que sa question aurait pu s'adresser au mur, cela n'aurait rien changé. Elle reposa la question mais le résultat fut le même. Elle comprit que les gardes avaient pour consigne de ne pas lui parler mais uniquement de la surveiller. Elle retourna donc s'asseoir et, au bout de plusieurs heures, un soldat vint la chercher. « Où m'emmenez vous ? » Mais comme les hommes postés devant sa cellule, il garda le silence. Mériline se résigna donc à le suivre. L'homme la traîna jusqu'à l'étage supérieur dans ce qui devait être un bureau. La femme avec laquelle elle avait parlé lors de l'embuscade s'y trouvait. L'homme l'ayant escorté jusque là se retira en fermant soigneusement la porte. Mériline choisit de ne pas faire dans la dentelle et demanda directement : « Qu'est ce que je fais ici ?
- Tu es prisonnière j
usqu'à ce que tu décides de nous donner ce que nous souhaitons, répondit la femme qui ne fit pas non plus dans la finesse.
- Nous ? Qui ça nous ? Et que vou
lez vous ?
- L'impératrice, quelques personnes haut
placés et moi même, Ellorâ. Quant à ce que nous désirons, ce sont des informations comme je te l'ai dit il y a trois jours.
- Ah oui, vous m'aviez dit ça jus
te avant que vous m'assommiez lâchement, répliqua amèrement l'elfe. »
Trois jours. Elle était restée inc
onsciente trois longs jours ! Probablement l'avait-on drogué pour qu'elle ne se réveille pas durant le trajet... Une voix la remmena à la réalité.
« Ce n
'est qu'un détail. Alors, tu es d'accord pour collaborer avec moi ?
- Non.
- Réfléchie bien Mériline.
-
Comment connaissez vous mon nom ?
- C'est sans impor
tance. Alors, tu es bien sûre de ne rien vouloir me dire ?
- Absolument. Jamais je ne trahirais les mien
s.
- Je saurais bien te faire parler. Mais pense à c
eci, si tu coopère avec moi, nous pourrions avoir le pouvoir et gouverner à la place de l'impératrice, qu'en dis-tu ?
- C'est toujours non ! répliqua l'elfe
déterminée.
- Très bien. Je ne pensais pas avoir à e
n venir à de telles extrémités, mais tu ne me laisse pas le choix. »
Ellorâ prit un couteau accroché à s
a ceinture, attrapa l'elfe par les cheveux et appuya la lame sur sa gorge. Cependant, la prisonnière ne se démonta pas.
« Tuez-moi et vous n'aurez plus auc
une chance de trouver le palais.
- En es-tu certain
e ? prendrais-tu le risque de jouer ta vie sur de telles certitudes ?
- Je préfère mourir ici plutôt que
de survivre en ayant sur la conscience la perte de centaines de vies.
- C'est regrettable, répondit Ell
orâ en accentuant la pression de la lame sur la gorge laiteuse de Mériline.
- Allez-y, qu'est ce que vou
s attendez ? »
L'elfe jouait avec le feu et elle le
savait. Elle pouvait sentir la colère croissante de son bourreau et savait qu'elle allait bientôt exploser et que c'était elle qui allait en subir les conséquences. Mais il lui fallait montrer qu'elle ne céderait pas. Qu'elle préférait mourir plutôt que de succomber aux tortures qu'Ellorâ ne manquerait probablement pas de lui faire subir. Après de longues secondes pesantes, Ellorâ rabaissa son couteau au grand soulagement de l'elfe. Soulagement qui ne dura pas. En effet, son ennemie la frappa violemment. L'elfe du faire un énorme effort de volonté pour ne pas perde l'équilibre. Ignorant la douleur lancinante qui se faisait sentir le long de sa joue, elle se redressa fièrement, ne laissant paraître aucun sentiment sur son visage désormais de marbre. Cela sembla agacer encore plus la femme qui lui faisait face.
« Il y a des
châtiments bien pires que la mort. Dans peu de temps, tu imploreras ma pitié. »
Mériline ne prit pas la
peine de répondre. Elle ne se laisserai pas faire. Jamais !
Alors qu'Ellorâ s'approchait à nouveau, da
ns le but évident de lui faire payer son insolence, Mériline passa à l'attaque. Un coup précis au niveau de la gorge coupa le souffle de son adversaire et un croche pied la mit à terre. Alors que l'elfe, une main sur la porte, se préparait à s'enfuir, elle sentit un choc violent au niveau de nuque. Elle n'avait pas pris en compte l'entraînement et l'expérience d'Ellorâ, commettant ainsi une erreur fatale. Son ennemie s'était relevée bien plus rapidement que prévu. Celle-ci porta deux nouveaux coups à l'elfe qui s'écroula. Le choc avait ravivé sa blessure à la tête et Mériline ne se sentait plus en état de combattre. Elle se sentait mal, nauséeuse et un goût de sang remontait dans sa bouche. Quelque chose de froid et coupant lui caressa la joue. A travers sa vue brouillée, elle reconnu le couteau d'Ellorâ. La lame lui écorcha le visage, laissant couler un mince filet de sang.
« Je veux des informations. »
Mériline mit quelque
s secondes à comprendre le sens des paroles de la femme. Elle ouvrit la bouche pour répondre qu'elle ne lui donnerai jamais rien, mais les mots lui manquèrent. Son esprit brumeux l'empêchait de réfléchir. Ellorâ la força à s'asseoir. Elle réprima un gémissement de douleur en sentant sa tête heurter le mur. Le voile noir de l'inconscience s'approchait sournoisement et elle ne pourrait pas tenir longtemps ainsi. Elle tenta à nouveau de déclarer que personne n'obtiendrait jamais rien d'elle mais à nouveau, aucun son ne franchit ses lèvres.
Ellorâ semblait amusée par la
situation et prenait un malin plaisir à torturer sa victime, jouant avec le couteau, l'enfonçant à plusieurs endroits dans la chaire si blanche de l'elfe gémissante de douleur. Douleur qui était probablement la seule chose qui la rattachait à sa lucidité, la seule chose qui l'empêchait de sombrer dans les ténèbres. Mais pour combien de temps encore ? Alors qu'elle se laissait aller aux affres du désespoir, l'impensable se produisit.
Des cris de douleur retentiren
t dans les couloirs et alors qu'Ellorâ, soudainement paniquée se relevait pour aller voir se qui se passait, la porte de la pièce s'ouvrit et trois elfes entrèrent, les yeux brillants de haine. Deux d'entre eux neutralisèrent la femme et le troisième, se pencha vers Mériline incapable de bouger le moindre muscle. Le yeux fermés, ses longs cheveux noirs tombant devant sur son visage, le sang ruisselant des multiples blessures qu'on lui avait infligé, on aurait pu la croire morte.
Le jeune elfe caressa doucement la j
oue de Mériline, dégageant sa figure, il porta avec délicatesse une gourde aux lèvres de la blessée et lui fit boire doucement. Il s'agissait d'une potion simple qui lui ferait tenir le coup le temps qu'ils sortent d'ici.
Après quelques minutes, Mériline ouvri
t les yeux et observa avec surprise les yeux verts rayonnants de la personne qui se tenait devant elle.
« A...Amaury. C'est bien toi ?
- Chut, ne dis rien.
Tout va bien maintenant. »
Elle se jeta dans les br
as de l'elfe, se laissant aller à pleurer, extériorisant toute la peur et la douleur qu'elle avait ressenti.
« C'est fini, calme toi. C'est fini. »

FIN !




Je suppose que plus personne ne l'attendait celui là ^^' eh oui, j'ai enfin publié le deuxième chapitre, fraîchement écrit d'aujourd'hui. Je dois vous avouer que ça fait au moins deux ans qu'il est sur papier. La version que je viens d'écrire est cependant différente, parce que j'écris mieux qu'à l'époque ^^ j'ai commencé ce texte, je devais avoir 13 ou 14 ans et là, je vais bientôt en avoir 16, alors forcément, ça évolue le style ! dans l'espoir que ça vous ai plu ! =D

# Posté le jeudi 15 septembre 2005 14:35

Modifié le mardi 12 juin 2007 06:14

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