En fait il est basé sur un tableau portant le nom de Miranda. Tableau que je mets exceptionnellement en image au lieu d'une dollz. Je n'ai plus le nom du peintre en tête, mais je vous le redonnerais. J'ai appris après avoir commencé ce texte que le tableau était en fait une illustration d'une pièce de Shakespeare. J'adore ce tableau. Je le trouve magnifique donc je m'en étais inspiré...
Trève de blabla inutile, voilà le texte :
La fille de la mer
Vide. L'horizon demeure vide. Pas un bateau n'apparaît. Les vagues de la marée montante viennent caresser les pieds nus de Miranda. Ses longs cheveux rougeoyant volent autour d'elle au gré du vent. Le ruban qui les retenait s'envole au loin avant de se faire happer par une vague gourmande. La jeune femme ne s'en aperçut pas. Le regard vide, elle attendait...
Et pendant des heures, elle resta ainsi. Ne s'apercevant ni du temps qui passait, ni du regard curieux, voire inquiet, que lui lançaient les rares personnes qui passaient par là.
Enfin, le soleil se coucha, offrant ainsi un magnifique spectacle à ceux qui se trouvaient là. Miranda resta indifférente à cette beauté et s'en retourna chez elle.
« Tu es enfin rentrée ! ». Miranda observa la femme qui se tenait devant elle, visiblement furieuse. Il s'agissait de sa s½ur aînée. Mylène.
« Il n'y a pas de bateau après la tombée de la nuit, répondit-elle d'une voix distante.
- Miranda, j'en ai assez ! tu passes tes journées sur la plage à attendre un navire et pendant ce temps, je dois m'occuper de la maison, je dois travailler, préparer à manger, laver le linge, nourrir les bêtes. Depuis la mort de maman nous devons nous en sortir seules et si tu n'y mets pas du tien nous ne pourrons jamais nous en sortir !
- Ais-je reçu une lettre aujourd'hui ?
- Miranda !
- Oui ou non ?
- Non. Et maintenant, écoute moi bien. Tu n'iras pas à la plage demain. Tu dois m'aider.
- Je ne peux pas. S'il revient, je veux être la première avertie.
- Je t'en pris. Cette situation ne peut plus durer... » déclara Mylène désespérée.
Mais Miranda ne l'écoutait plus. Cette dernière se dirigea vers sa chambre, une pièce insalubre et étroite, ne comprenant qu'une paillasse en guise de lit et une table de chevet. La jeune femme s'installa sur son lit, s'adossant au mur et laissa ses pensées dériver.
Elle repensa à sa vie avant. Tout allait bien. Elle allait se marier, sa mère était en vie, mais du jour au lendemain, tout avait basculé.
« Miranda, maman a...
- Que se passe-t-il, Mylène ?
- Elle... elle a eu un accident.
- Un accident ?
- Elle est tombée de la falaise.
- Quoi ? Comment va-t-elle ?
- ...
- Mylène, tu me fais peur.
- Elle n'a pas survécue. »
Miranda revoyait sans cesse le visage baigné de larmes de sa s½ur et le corps sans vie de sa mère, que l'on déposait dans un cercueil de bois finement sculpté par Frederick, le fiancé de Miranda. Celui-ci avait soutenu la jeune femme durant cette période douloureuse. Lui permettant de surmonter son chagrin. Sans lui, la jeune femme n'aurait sans doute pas pu retrouver sa joie de vivre. Mais, un jour, sans crier gare, il disparut, ne laissant qu'un simple bout de papier où étaient griffonnés ces quelques mots :
«Je suis désolé, La Mer m'a appelé, je reviendrais. »
Miranda n'avait pas compris le sens de cet étrange message, mais depuis le départ de Frederick, elle se sentait vide, comme si on lui avait arraché une partie d'elle même.
Et à partir de ce jour, elle avait passé chaque jour à la plage à attendre le bateau qui lui ramènerait celui qu'elle aimait. En vain. Un mois s'était ainsi écoulé sans que la moindre voile ne se profile à l'horizon. Sans qu'une seule nouvelle ne lui parvienne. Et son désespoir n'en était devenu que plus grand. Sa peur grandissait à mesure que le temps s'écoulait.
Qu'était devenu Frederick ? Pourquoi était-il partit si soudainement ? Que voulait-il dire par « la Mer m'a appelé » ?
Ces questions revenaient sans cesse dans l'esprit tourmenté de Miranda.
Elle serra la feuille froissée en priant pour que son amour lui soit rendue. Une larme coula sur sa joue, suivit d'une autre et de bien d'autres encore.
Elle se sentait seule, abandonnée. Elle se mit à sangloter en silence, accablée par tous ces malheurs qui arrivaient en si peu de temps. Pleurant sur son sort. Maudissant le ciel et l'enfer de lui faire subir toutes ces épreuves, de lui mettre un tel fardeau sur ses épaules. Pourquoi elle ? Qu'avait-elle fait pour mériter cela ?
Elle pleura longuement, et malgré la tiédeur de cette nuit d'été, elle se sentait glacée jusqu'aux os. C'était donc cela la solitude...
Le lendemain, elle s'éveilla à l'aube comme à son habitude. Mylène dormait encore. Miranda prit un morceau de pain que quelqu'un avait laissé sur la table et quitta sa masure pour la plage. Elle avançait d'un pas vif et assuré, le visage froid et distant. Elle traversa le petit village et quelques rares commerçants l'interpelèrent en s'esclaffant.
« Alors Miranda, toujours à la recherche de ton bateau fantôme ? » « Tu nous diras quelles sont les nouvelles de la mer ! ».
Elle les ignora délibérément et poursuivit son chemin. Quelques minutes plus tard, elle entendit le bruit des vagues se briser contre des rochers et aperçut les flots agités par le vent matinal. Les rayons d'or du soleil levant se déposaient sur l'eau et offrait un décor marin d'une beauté à coupé le souffle. Cà et là, on pouvait voir quelques peintres qui traçaient fébrilement des courbes, mélangeaient les couleurs sur leur toile pour capturer à jamais ce moment magique.
Et en cet instant plus que jamais, Miranda regretta la présence de Frederick. La jeune femme ferma les yeux pour évacuer ses pensées parasites et alla au bord de l'eau s'asseyant dans le sable à guetter son amant. Elle sentait les vagues lécher ses pieds lui procurant une sensation de bien-être.
Elle avait toujours aimé la mer. Elle n'avait jamais pu expliquer cette attirance pour cet élément, mais elle savait qu'il faisait partie d'elle. Et aujourd'hui, la mer lui avait prit ce qui comptait le plus pour elle. Cependant, elle avait confiance, les vagues protégeraient Frederick et le lui ramènerait sain et sauf. Du moins, elle l'espérait...
La journée se déroula comme les précédentes. Longues. Chaudes. Vides.
Elle ne voyait pas les heures passer. Ni les jours s'écouler. Sa vie se résumait à ses allers-venus.
Puis un beau matin, alors que l'espoir commençait à la quitter, la jeune femme aperçut au loin un bateau. Elle ne distinguait que les voiles si blanches qu'elle paraissaient irréelles. Il était si loin. Plus il se rapprochait, moins elle le voyait. Elle ne comprenait pas. Quelques personnes arrivèrent près d'elle pour voir le bateau. Quelques murmures s'élevèrent.
« C'est La Mer » Le pouls de Miranda s'accéléra.
La Mer ? ce bateau ? Frederick avait été appelé à travailler sur un bateau ? Elle ne comprenait pas malgré l'éclaircissement des choses. Elle connaissait les raisons du départ de son fiancé, mais pourquoi avait-il été si soudain ?
Elle plissa les yeux, dans l'espoir d'apercevoir un signe, quelque chose de Frederick mais ce qu'elle vit lui fit l'effet d'un coup de poing dans l'estomac. Le bateau coulait. Loin de la terre. Bien trop loin. Il sombrait dans les profondeurs. Aucune chaloupe ne semblait s'approcher. Des larmes roulèrent sur les joues de la jeune femme. Salées, comme si l'océan pleurait à travers ses yeux. Elle recula, horrifiée par le spectacle qu'elle avait devant les yeux. Puis elle s'enfuie. Ses pas l'avait conduit instinctivement vers la falaise. Lieu de mort de sa mère. Là où sa vie avait basculée. Là où elle avait si souvent pleuré. Là où sa vie à elle s'achèverai. Des larmes inondant son visage, elle s'approcha doucement du bord. Un pas, puis deux. Elle tomba. Combien de temps dura sa chute ? elle ne le sut jamais. Elle sombra dans les vagues, noyant sa douleur, noyant son chagrin, noyant sa vie.
Fin
